L’eau et le foncier, leviers essentiels pour les ambitions économiques de la province de Chtouka Aït Baha
Le jeudi 3 juillet 2025, la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services (CCIS) Souss-Massa a tenu sa session ordinaire plénière au siège de la province de Chtouka Aït Baha, sous la présidence du vétéran des présidents des CCIs au Maroc, Monsieur Haj Said Dor, véritable chef d’orchestre de cette rencontre.
Cette session a rassemblé un large éventail de responsables, élus et acteurs économiques engagés pour l’avenir de la province et de la région. Plus des deux tiers des membres élus de la CCIS Souss-Massa étaient présents, témoignant de leur forte implication et de leur sens du devoir.
Parmi les invités de marque figuraient notamment Monsieur Karim Achengli, Président du Conseil de la Région, Monsieur محمد سالم الصبتي, Gouverneur de la province de Chtouka Aït Baha, Monsieur le Président du Conseil Préfectoral, Madame la Directrice du Centre Régional d’Investissement (CRI), Monsieur Mohamed El Moudene, Président d’Initiative Souss-Massa, Monsieur Hassan ABOUTAYEB, Directeur Général de la Société de Développement Régional Souss-Massa (SDRSM), Monsieur Driss Boutti, Président de la CGEM Souss-Massa, ainsi que d’autres parlementaires, présidents de communes et représentants institutionnels.
Le thème central de cette session portait sur les perspectives de développement économique dans la province de Chtouka Aït Baha.
Les débats ont mis en évidence l’ampleur des contraintes liées à l’eau. Le barrage Youssef Ben Tachfine, qui irrigue plus de 18 000 hectares de cultures maraîchères, atteint aujourd’hui des niveaux historiquement bas. Le bassin de Massa souffre de l’abaissement rapide des nappes phréatiques : les forages descendent désormais au-delà de 200 mètres, contre 30 auparavant. La station de dessalement de Douira/Inchaden, pourtant conçue pour sécuriser les investissements agricoles, consacre actuellement 80 % de sa production à l’approvisionnement domestique du Grand Agadir, au détriment des exploitations agricoles et d’autres secteurs. Cette situation met sous pression la diversification économique de la province, notamment dans les activités touristiques moins consommatrices d’eau.
L’autre point de blocage majeur concerne le foncier. La majorité des terrains appartiennent au domaine public (maritime, forestier, terres collectives), ce qui complique leur mobilisation au profit d’investissements structurants. Comme l’a rappelé Monsieur Hassan ABOUTAYEB, sur près de 50 candidatures reçues à Chtouka Aït Baha, seules 8 ont pu être retenues, en grande partie à cause de la problématique foncière. Ces difficultés freinent la création de richesse et d’emplois, alors même que la région affiche un fort potentiel de croissance.
Le choix d’organiser cette session dans la province de Chtouka Aït Baha s’inscrit dans la continuité des orientations de l’assemblée générale précédente, qui recommandait d’accroître l’ouverture de la CCIS Souss-Massa sur l’ensemble des provinces de la région. La coïncidence avec la Journée nationale du commerce souligne le caractère symbolique et stratégique de ce territoire agricole et littoral. Pourtant, malgré sa puissance productive et son rôle central dans la création de richesses et d’emplois, la province ne tire pas pleinement parti de ses atouts. Il est essentiel de dépasser cette contradiction par des actions concrètes portant sur l’amélioration des infrastructures, la libération du foncier et la création d’emplois, notamment dans les communes à forte densité comme Biougra, Safa, Massa et Sidi Ouassai, ainsi que dans les zones littorales riches en potentiel touristique, telles que la plage de Lala Khouira, la plage de Sidi Ouassai, la plage de Takad et la plage de Tifnit. Ces plages méritent un effort particulier d’aménagement, d’entretien et de valorisation, afin de devenir des destinations touristiques attractives et génératrices de retombées économiques pour la population locale.
La session a également mis en lumière l’impact grandissant des flux migratoires en provenance de l’Afrique subsaharienne, qui posent des défis sécuritaires, sociaux et économiques que les collectivités locales ne peuvent relever seules. Cette situation appelle une mobilisation coordonnée de tous les acteurs concernés. Par ailleurs, il a été rappelé que plus de 3 000 hectares sont disponibles à l’investissement dans des zones comme Tifnit et Sidi Boulâli, mais demeurent bloqués par des contraintes juridiques et réglementaires. Les parcs naturels ne devraient pas constituer un obstacle systématique au développement : ils doivent être intégrés dans une approche environnementale souple qui permette le développement du tourisme écologique dans le respect des espaces naturels. Ces constats renforcent la conviction partagée que le pari du développement économique dans la province de Chtouka Aït Baha exige une mobilisation collective pour libérer le foncier, assurer l’équilibre territorial et stimuler l’investissement, notamment dans les secteurs prometteurs tels que le tourisme durable, en tenant compte des spécificités environnementales et sociales de la région.
La session a permis d’adopter des recommandations ambitieuses : optimiser la gestion de l’eau à travers un plan intégré, réaffecter une part accrue de l’eau dessalée aux investissements agricoles et touristiques, généraliser les techniques d’irrigation de précision, encourager la réutilisation des eaux usées traitées, faciliter l’accès au foncier par des mécanismes interministériels rapides, proposer des baux longue durée et partenariats public-privé, créer et équiper de nouvelles zones d’activités économiques attractives et soutenir activement les TPME en adaptant la formation professionnelle aux besoins des nouveaux secteurs.
La réussite de cette session est le fruit d’un effort collectif, porté par le staff administratif de la CCIS Souss-Massa, sous la direction de Monsieur Abderahim Ramy, dont la rigueur et le professionnalisme ont assuré une organisation exemplaire. La mobilisation de tous les partenaires – la CCIS, le CRI, Initiative Souss-Massa, la SDRSM, les collectivités et les acteurs économiques – témoigne d’une volonté forte de construire un avenir prospère pour Chtouka Aït Baha et l’ensemble de la région. La CCIS Souss-Massa reste pleinement engagée pour traduire ces orientations en actions concrètes, au service du développement durable et de l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Bachir Ahechmoud
Premier Vice-Président de la CCIS Souss-Massa













